Hommage à Mère-Marie-Anne

Artiste :

Marie Hélène Allain

Date de création :

2 novembre 1986

Emplacement :

Cette œuvre se trouve au 125, rue King, devant la maison mère de la congrégation des Religieuses de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur.

Description de l’œuvre :

Il s’agit d’une sculpture abstraite, façonnée en pierre calcaire. Elle est surtout verticale, avec une courbe délicate. Le thème est conceptuel et non figuratif. Elle a été créée en 1984 pour marquer le 60e anniversaire de la fondation de la congrégation des Religieuses de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur en hommage à sa fondatrice, Mère Marie-Anne, ainsi qu’aux 52 religieuses membres de la congrégation.

Symbolisme :

Mère Marie-Anne (Suzanne Cyr) est celle qui, en 1924, à l’âge de 73 ans, avec 52 Acadiennes de la Congrégation des Sisters of Charity de Saint-Jean, Nouveau-Brunswick, a fondé les Religieuses de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, dont une des formes spécifiques d’apostolat est de travailler à la promotion culturelle et religieuse des Acadiens.

De ses propres mots, Madame Allain décrit le symbolisme émanant de l’œuvre :

« J’ai voulu chercher au-delà des ressemblances physiques, à symboliser à la fois la personne, son œuvre et l’hommage qu’on voulait lui rendre.

Plusieurs ébauches ont été réalisées avant le choix final. Cette forme choisie, en plus de répondre aux objectifs premiers, était celle qui s’adaptait le mieux à la façade de l’édifice.

Si on prend le temps de circuler autour de l’œuvre, on pourra déceler des suggestions de la forme humaine, de l’élan et aussi de l’hommage, dans l’ensemble des lignes à la fois courbes et montantes qu’elle exprime.

La pierre calcaire, matière première brute qui se solidifie au cours des ans, ne pouvait mieux servir, comme matériau, pour exprimer la réalisation de l’œuvre de Mère Marie-Anne comme de l’œuvre qui lui rendait hommage. »

Un mot sur l’artiste Marie Hélène Allain

Marie Hélène Allain est née et habite à Sainte-Marie-de-Kent, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick. Elle a toujours été animée par une double passion : celle d’enseigner, de transmettre des connaissances aux autres, et celle d’exprimer sa créativité à travers les arts visuels et, plus particulièrement, la sculpture.

Après avoir reçu son brevet d’enseignement du ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick en 1959, elle enseigne les matières de base dans les écoles primaires de la province. En même temps, elle suit des cours d’art au Collège Notre-Dame d’Acadie de Moncton, et à la Queen’s University de Kingston, en Ontario, et obtient le baccalauréat ès arts de l’Université de Moncton en 1966. Elle poursuit sa formation artistique à l’Université du Québec à Montréal et y complète en 1971 un baccalauréat spécialisé en arts plastiques avec option en sculpture.

De retour au Nouveau-Brunswick, elle enseigne l’expression artistique à temps partiel dans les écoles primaires de la province de 1971 à 1974. Elle est ensuite professeure à temps partiel de didactique en expression artistique et de sculpture à l’Université de Moncton de 1974 à 1979. Parallèlement à ses activités d’enseignement, elle continue de vouer une bonne partie de son temps à la sculpture.

En 1978, Marie Hélène Allain effectue un séjour de huit mois en Europe, dont six mois de perfectionnement professionnel à Pietrasanta, en Italie. Cette expérience est déterminante pour sa carrière car, à compter de 1979, elle se consacre entièrement à son art, tout en donnant à l’occasion des cours de sculpture, notamment à l’Université de Moncton et à l’Université du Québec à Montréal.
 
Depuis, Marie Hélène Allain a réalisé une imposante production qui a fait l’objet d’une trentaine d’expositions solos et qui a figuré dans de nombreuses expositions de groupe au Canada et en Europe. Ses sculptures, qui privilégient la pierre, font partie de nombreuses collections publiques au Canada et en France et ornent divers lieux publics du Nouveau-Brunswick. Son œuvre riche et prolifique a valu plusieurs distinctions à l’artiste, dont le prestigieux Prix Strathbultler en 1996, décerné par la Sheila Hugh Mackay Foundation pour l’excellence dans les arts visuels ou les métiers d’art au Nouveau-Brunswick, une médaille d’or aux 111e Jeux de la francophonie à Madasgascar en 1997 pour sa sculpture Danser sa liberté et le prix Éloizes pour l’artiste de l’année en arts visuels, en 2001.

Deux œuvres importantes ont été consacrées à l’artiste :

- Le livre Marie Hélène Allain, la symbolique de la pierre réalisé par Carolle Gagnon en 1994 est une publication d’envergure sur l’artiste et ses œuvres.
- Le film documentaire de Rodolphe Caron, Marie Hélène Allain en dialogue avec la pierre, co-produit par l’Office national du Film du Canada et les Productions Appalaches, fut réalisé en 2008.

 Hommage à Mère-Marie-Anne