La climatisation des locaux
À l’heure actuelle, une grande partie du ravitaillement en électricité du Nouveau‑Brunswick durant l’été provient de sources non émettrices, soit essentiellement l’énergie nucléaire et l’énergie hydroélectrique. Les centrales de charbon et les centrales au mazout sont davantage sollicitées en hiver pour répondre au surcroît de la demande de chauffage.
Cependant, dans les années à venir, en raison de l’avènement des véhicules électriques et de la transition menée par les utilisateurs industriels et les autres consommateurs d’énergie qui délaissent les combustibles fossiles, la demande d’énergie imposée au réseau d’électricité est appelée à augmenter. Il revient beaucoup plus cher d’augmenter la capacité de production d’énergie propre que d’utiliser plus économiquement l’énergie déjà produite (ce qu’il faudra faire de toute manière; or, il est préférable que la capacité à installer soit moindre!). C’est pourquoi tout ce que nous pouvons faire aujourd’hui pour limiter les besoins en climatisation augmentera dans le réseau l’importance de la marge de manœuvre dont nous disposons dans la consommation des énergies propres, ce qui permettra entre autres de recharger les véhicules électriques.
Il est plus d’actualité de gérer la demande en climatisation dans les immeubles commerciaux, qui sont généralement plus énergivores et dans lesquels la climatisation des locaux intervient pour 4,5 % dans la demande d’énergie par rapport aux immeubles résidentiels, dans lesquels la climatisation ne représente que 1,6 % de la demande. Dans tous les cas, les mesures évoquées ci dessus pour le chauffage des locaux permettent aussi de réduire la demande d’énergie consacrée à la climatisation.
Voici d’autres mesures permettant de réduire la demande de climatisation.
Les toits verts
Les toits verts sont essentiellement constitués de pelouses ou de jardins aménagés sur la toiture des immeubles. Les images populaires des toits verts représentent des jardins ou des parcs aménagés sur les toitures et qui ont vocation à servir d’aires d’agrément. C’est certainement un bon moyen d’atteindre l’objectif. Toutefois, les toits verts plus simples et moins chers ne sont pas destinés à être accessibles à intervalles réguliers : ils servent simplement à couvrir la toiture de végétaux simples et rustiques et de sols pour les faire pousser. Les végétaux absorbent les rayons du soleil au lieu de les laisser chauffer les immeubles; ils permettent aussi de maîtriser le ruissellement des eaux pluviales, ce qui constitue une autre considération importante, puisque les dérèglements du climat sont appelés à produire des précipitations plus sévères.
Les toits verts sont dotés d’une couche de végétation qui permet d’absorber et de maîtriser le ruissellement des eaux pluviales, en plus de réduire la demande de chauffage et de climatisation des immeubles. On peut concevoir les toits verts pour qu’ils soient accessibles et pour qu’ils servent d’aires d’agrément ou pour qu’ils puissent rester inaccessibles.
Les toits blancs
Repeindre simplement le toit en blanc ou utiliser un matériau de toiture de couleur pâle permet de réduire la demande de climatisation en été; par rapport à l’asphalte noir typique utilisée dans les toitures classiques, les couleurs pâles réfléchissent les rayons du soleil au lieu de les absorber et de les transformer en chaleur. Les toits blancs ont aussi l’avantage d’être relativement simples et moins chers à installer, puisqu’ils n’ont pas besoin de la solidité structurelle supplémentaire ni de l’ingénierie nécessaire pour un toit vert ou une toiture solaire.
Les toits verts et les toits blancs sont particulièrement utiles dans les immeubles d’un étage dont la superficie au sol est vaste, par exemple les immeubles industriels ou les grands établissements du commerce de détail. Dans ces immeubles, le ratio de la superficie de la toiture par rapport à la superficie intérieure est très élevé; les toitures classiques en bardeaux d’asphalte sont très susceptibles d’absorber la chaleur en été.
Les toits à panneaux solaires photovoltaïques et les systèmes de chauffe-eau solaires
Le montage de panneaux solaires sur la toiture des immeubles offre un double avantage : ils empêchent les rayons du soleil de chauffer la surface de la toiture et ils chauffent les immeubles en produisant de l’électricité. À l’heure actuelle, les parcs solaires de moindre envergure ne peuvent faire appel qu’au « mesurage net », selon lequel l’électricité produite par un parc solaire est reprise dans le réseau; sa valeur est alors soustraite des frais dans l’ensemble de la consommation d’électricité des bâtiments.
Le réseau d’électricité de la province permet d’aménager des parcs solaires de plus grande envergure, selon les programmes en vigueur. Dans la gestion à grande échelle des énergies renouvelables, tout l’art consiste à les intégrer dans un réseau de distribution qui n’est pas adapté à ces énergies. Or, dans la modernisation du réseau d’électricité, Énergie NB devrait offrir, aux promoteurs des projets recevables, des accords d’achat d’énergie. Nous recommandons au lecteur de rester au fait des programmes offerts par Énergie NB : les recettes apportées par l’aménagement d’un parc solaire sur votre toiture ou le montage d’un parc dans votre terrain de stationnement pourraient être substantielles.
Le chauffe eau solaire domestique (CESD) est un autre moyen d’économiser l’énergie : grâce à ce chauffe eau, l’énergie du soleil est captée pour chauffer l’eau. Se servir du soleil pour chauffer l’eau offre dans bien des cas les mêmes avantages que les panneaux photovoltaïques; il s’agit toutefois d’un moyen plus simple, car il transporte la chaleur directement dans le circuit d’eau du bâtiment, au lieu de transporter l’électricité jusqu’au réseau, où elle est souvent utilisée pour ensuite chauffer les locaux ou l’eau.
Il faut orienter les parcs solaires dans le sens sud, à un angle d’environ 45 degrés. Avant d’installer un parc solaire, il est essentiel de vérifier le zonage et les autres règlements sur l’aménagement du territoire pour les terrains des environs, afin de s’assurer que personne ne construira d’immeuble de grande hauteur qui bloquera le soleil!
Le paysagement et les arbres
Les arbres feuillus plantés du côté sud, est ou ouest du bâtiment produisent de l’ombre en été sans faire obstacle aux rayons du soleil en hiver lorsqu’ils sont dépouillés de leurs feuilles. En revanche, les conifères plantés du côté nord ou nord ouest du bâtiment le protègent contre les vents dominants et réduisent les pertes de chaleur durant l’hiver.
La réduction des surfaces asphaltées
Les revêtements asphaltés produisent de la chaleur en été : ils créent un effet d’îlot thermique qui devient beaucoup plus chaud que la plupart des zones végétalisées comme les parcs. Cet effet d’îlot de chaleur augmente la demande en climatisation dans les immeubles des environs. Minorer la superficie des terrains qui sont revêtus essentiellement de matériaux foncés comme l’asphalte permet de réduire la chaleur et la consommation de l’énergie dans l’ensemble. Dans les cas où il faut faire appel à un type de revêtement en particulier, les pavés de couleur pâle absorbent moins de chaleur et permettent de maîtriser l’effet d’îlot de chaleur.
Réduire la superficie des surfaces asphaltées permet aussi de gérer le ruissellement des eaux pluviales et de réduire le risque d’inondation.
Les auvents, les abris et les arbres sur les surfaces asphaltées
S’il faut asphalter un vaste terrain de stationnement, on peut maîtriser l’effet d’îlot de chaleur en le surmontant d’un auvent de couleur pâle pour réfléchir les rayons du soleil et réduire la quantité de chaleur produite par le revêtement. (Les auvents permettent aussi d’empêcher que les passages piétons soient enneigés et constituent généralement des abris pour les piétons qui traversent le site.) Les auvents qui surmontent les terrains de stationnement offrent aussi l’occasion d’installer des panneaux solaires photovoltaïques pour recharger les véhicules électriques. Il faut toutefois noter que pour des raisons d’esthétique urbaine, il n’est pas permis de construire d’auvents pour les voitures en hiver dans les voies d’accès individuelles.
Les arbres permettent aussi de réduire l’effet d’îlot de chaleur, qui est particulièrement prononcé dans les terrains de stationnement. Les vastes terrains de stationnement doivent aussi être dotés de différents îlots de paysagement assez grands pour permettre de planter au moins un arbre. Ces îlots doivent avoir une superficie suffisante pour favoriser la croissance des arbres et protéger les réseaux racinaires. Toutefois, l’étude et l’exploitation du terrain de stationnement doivent viser à protéger la santé des arbres à long terme. Les îlots d’arbres ne doivent pas servir à remiser la neige, qui tue rapidement, avec les sels de voirie, les jeunes arbres et qui nuit aux arbres plus matures.